Une lueur dans l’obscurité, un sourire fraternel dans l’adversité. C’est ce que nous offre Elsa Fottorino avec martha.

Face au spectacle quotidien de la haine, de l’intolérance, des inégalités, du court-termisme, on baigne dans l’évitement : hyper-normalisation de l’inacceptable, overdose de divertissement, sacre du plaisir immédiat et du résultat sans effort.

L’espoir, nous rappelle Charles Dantzig dans son récent Inventaire de la Basse Période, c’est pour les gens qui ne font rien.

Elsa Fottorino le sait. Les médias qu’elle a pu diriger ou auxquels elle a pu contribuer sont menacés voire victimes de l’ignorance et de ceux qui se permettent même d’en être fiers. Et pourtant, elle nous offre Martha, une newsletter dont, de nos jours, la seule exigence en fait un média engagé.

Au quotidien, comme elle, on ne peut pas se contenter d’espérer, et il faut maintenir la ligne, tant qu’on peut, tant qu’on tient debout, quoi qu’il arrive, même si l’ignorance attaque, de toutes parts, de plus en plus fort.

La musique ne rend pas cela plus supportable, mais elle aide à le vivre malgré tout, en nous mettant en communication avec celles et ceux qui depuis des siècles ont été là pour lutter au cours des précédentes Basses Périodes.

La lumière triomphe de l’obscurité.